Dans la bulle de… Olivier Petit

Olivier Petit était présent lors du festival Quai des Bulles pour présenter les différents albums édités par sa maison d’édition et en particulier une nouveauté originale : Le Guide de Paris en bande dessinée. Rencontre.

2017 © La Ribambulle

Après avoir œuvré de nombreuses années autour de la musique et de l’adaptation de chansons en BD, vous avez pris un virage et désormais les productions des éditions Petit à Petit sont plutôt tournées vers l’historique avec des docu-fictions. Comment expliquez-vous cette nouvelle direction ?

On a vraiment souhaité appuyer notre production sur le docu-BD mais il faut savoir que le premier ouvrage que j’ai édité il y a vingt ans, et qui était consacré aux chansons de Boris Vian, était déjà un docu-BD. Aujourd’hui nous continuons à creuser notre sillon sur d’autres thématiques, l’idée est de faire découvrir la culture, le tourisme, le patrimoine via un collectif complété par des documentaires BD accessibles au plus grand nombre. Tout est vraiment accès docu-BD chez Petit à Petit, notre volonté est d’avoir un rôle social, nous voulons permettre aux gens de se cultiver parce qu’on estime que vu le contexte aujourd’hui très anxiogène, plus les gens seront cultivés, plus l’esprit sera ouvert et plus on sera tolérant.

© Petit à Petit

L’adaptation de chansons en BD n’est plus en vogue ?

Si, bien sûr, nous venons d’ailleurs de sortir Les Chansons de Barbara en bandes dessinées, sous forme de docu-BD justement. L’album permet de découvrir les chansons de Barbara avec le texte intégral mais en plus il y a des documentaires qui permettent de découvrir la vie, la personnalité et l’œuvre de cette chanteuse hors pair.

Vous lancez début novembre le premier guide de voyage de Paris en docu-BD. Qui dit premier, dit novateur. Pouvez-vous expliquer le concept de ce guide ?

Pour le guide de Paris, on s’est dit que l’on se balade tous dans cette ville les yeux grands ouverts en admirant tel ou tel monument sans connaître ses origines. Le guide tend à répondre à ces questions en bande dessinée afin de rendre tout cela accessible comme je le disais précédemment, en racontant une histoire comme le ferait un super professeur d’Histoire. Le but n’est pas de donner toutes les informations sur Paris mais de donner envie d’aller plus loin, de découvrir, de se cultiver et de rencontrer les autres.

© Petit à Petit

Trente dessinateurs ont participé à l’aventure, comment s’est déroulée la répartition des différents lieux à mettre en scène ? Les dessinateurs pouvaient-ils donner leur préférences vers tel ou tel lieu emblématique de la ville ?

Si nous avons travaillé avec trente dessinateurs du monde entier, c’était pour ouvrir les pages de notre guide à l’ensemble du monde. Paris est une ville-monde, de tolérance et d’accueil, nous avons donc voulu que les Coréens, les Chinois, les Grecs, les Algériens, etc., puissent aussi exprimer leur ressenti de la ville. Nous avons sélectionné ces dessinateurs pour leur style graphique et nous leur avons proposé les différents monuments. Évidemment, ceux qui nous ont répondu les premiers ont eu un choix plus large que ceux qui ont répondu les derniers. Cela fait longtemps que nous faisons du docu-BD chez Petit à Petit donc nous sommes parfaitement organisés, chacun a reçu son scénario bien découpé avec la documentation qu’il fallait. D’ailleurs, beaucoup ont choisi des lieux qu’ils connaissaient déjà et certains se sont déplacés sur place pour s’en imprégner.

Réaliser des guides en BD sur les villes européennes est un concept novateur, c’est essentiel pour une maison d’édition telle que Petit à petit ?

Tout à fait, nous sommes avant tout des éditeurs créatifs. Nous avons envie de mettre notre curiosité et notre passion de la vie au service du plus grand nombre et donc, plutôt que d’avoir une idée et de la proposer ailleurs, nous la faisons chez nous, un peu comme des cuisiniers qui font de nouvelles recettes.

© Petit à Petit

Vous êtes éditeur mais vous scénarisez également, comme sur le docu-fiction sur Rouen, et vous êtes à l’origine du guide de Paris. Pas trop compliqué de jongler avec ces différentes casquettes ?

Non, parce qu’il y a quand même vingt ans d’expérience derrière et près de 300 livres édités mais discrètement, sans faire de bruit. Vu que nous sommes une petite équipe, nous n’avons pas besoin d’en vendre des milliers et des milliers pour vivre. Nous préférons proposer une petite production de qualité même si aujourd’hui elle commence à prendre un peu plus d’ampleur, mais ce n’est pas pour autant que nous allons changer notre mentalité ou notre façon de travailler.

D’autres guides sont-ils prévues à l’avenir ?

En janvier sortira, de la même manière que le guide de Paris, le guide 14-18 qui permettra de découvrir le conflit de 14-18 de façon hyper ludique et documentée en mêlant la bande dessinée, le documentaire, le reportage et la découverte de tous les lieux de mémoire. L’album fera 150 pages. Il y aura également les contes africains en docu-BD et nous préparons des guides sur d’autres villes telles que Nice, Lille, Bordeaux et Dieppe. Pourquoi Dieppe ? Pour une raison personnelle, j’ai commencé dans cette ville avec le fanzine Sapristi qui comptait à l’époque Fred Duval, Daniel Pecqueur, Hugues Labiano et Thierry Gioux. Nous avons décidé de nous réunir entre copains et de faire la ville de Dieppe en docu-BD pour le mois de juin.

Merci à vous d’avoir répondu à nos questions.

C’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par Nicolas Vadeau.

Interview réalisée le 28 octobre 2017.

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Une réponse to “Dans la bulle de… Olivier Petit”

  1. 7 décembre 2017

    Didier LE BORNEC Répondre

    Un tournant attirant ! Bravo…

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