Dans la bulle de… Jali et Delphine Rieu

A l’occasion du dernier festival d’Angoulême nous avons eu la chance de rencontrer l’auteur espagnol Jali et son éditrice, Delphine Rieu, afin de discuter de l’album Le Dernier grand voyage d’Olivier Duveau. Rencontre.

© Eidola

Le Dernier grand voyage d’Olivier Duveau est paru en Espagne pour la première fois en 2009, chez Astiberri, comment cela se fait que le roman ne soit édité qu’aujourd’hui en France ?

Delphine Rieu : En 2011, j’étais chez un imprimeur en Espagne et, pendant que j’attendais pour des impressions, je lisais dans leur bibliothèque des livres qu’ils avaient imprimés. C’est là que j’ai lu Le Dernier grand voyage d’Olivier Duveau et j’ai adoré. Je l’avais vraiment trouvé fabuleux et du coup, l’an dernier, je suis allée voir Astiberri pour en acheter les droits. Donc c’est pour cela que c’est sorti maintenant, parce que je n’avais pas forcément les moyens avant, on est une petite association.

Jali, qu’est-ce qui t’as amené à écrire ce conte ?

Jali : En fait, au départ, le projet était d’écrire un livre avec dix histoires courtes. D’ailleurs, dans la version espagnole, il y a une histoire plus courte après. Mais elle a pris beaucoup plus d’ampleur que je ne pensais et au final c’est devenu une longue histoire à part entière.

Est-ce qu’aujourd’hui tu y portes un autre regard, huit ans après la première publication ?

J : Hé bien le même, mais j’aime davantage avec le recul, j’en suis très content.

DR : Oui, car les planches ont été retravaillées par rapport à la version espagnole.

J : La version espagnole est plus obscure et ce n’est pas le même type de papier. Du coup, il y avait des détails qui ne se voyaient pas et disparaissaient. Certaines pages apparaissaient toutes noires et l’on ne voyait pas tous les petits détails des étoiles, spirales, etc. et je crois que le livre y perdait beaucoup. C’est pour cela que je suis très content de la version française parce que c’est davantage comme je l’imaginais.

DR : Jali m’a aussi demandé de refaire la couverture et le texte, qui était écrit en très gros partout alors que les personnages étaient dans les bulles. Ce n’était pas très lisible, notamment pour le titre.

J : Oui, les finitions sont très bien !

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En parlant du titre d’ailleurs, pourquoi ? Il parait très « français ».

J : Je suis venu à Angoulême il y a 15 ans et après je suis allé à Paris. J’y ai rencontré deux amis français, eux aussi dessinateurs, et j’ai pris le prénom de l’un et le nom de famille de l’autre, et c’est devenu Olivier Duveau. Mais le personnage n’a rien à voir avec eux, c’est juste pour avoir un nom français. Mon histoire est un peu inspirée de l’esthétique française à la Jules Verne, c’est pour ça que cela ne se prêtait pas à un personnage espagnol. Cette idée extraordinaire de quelqu’un qui veut aller sur la Lune, dans l’espace, ça fait très « Jules Verne » et je n’imaginais pas l’appeler Le Dernier grand voyage de Paco Martinez !

Et le noir et blanc ?

J : J’aime beaucoup le noir et blanc pour dessiner des histoires. Et, pour celle-ci, je crois que la couleur n’aurait tout simplement rien apporté, notamment lorsque le personnage passe de l’autre côté. Cela n’aurait pas eu le même effet, c’est mieux pour le lecteur.

Delphine, envisagez-vous par la suite de publier d’autres histoires de Jali ?

DR : L’éditeur original m’a envoyé deux autres livres, dont Plexiglas et Malaria. On va d’abord voir si le public reçoit bien Le Dernier Grand Voyage d’Olivier Duveau – pour l’instant on a plutôt de bons retours – puis on avisera. Moi, j’aime bien l’histoire de Malaria mais elle est plus triste.

Celle-ci est aussi un peu triste !

DR : Oui, mais le personnage est toujours optimiste. Il ne s’apitoie pas trop sur son sort et il essaie toujours de chercher, et d’aller de l’avant. C’est plutôt mélancolique. Malaria, c’est plus triste car cela parle d’une petite fille morte. Cela se passe sur terre, et on voit un peu son cheminement après la mort, pour que ce soit sur deux niveaux.

J : Un peu comme Le Magicien d’Oz ou comme Alice au pays des merveilles.

DR : Après, le style n’est pas le même, il est différent sur les trois livres.

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As-tu d’autres projets, Jali ?

J : Oui, j’ai terminé le story-board d’une histoire, et j’ai déjà l’idée d’une autre mais je ne l’ai pas terminée. C’est un peu la vie d’un petit arbre, toujours sous forme de conte pour adultes. Je crois que les contes ont quelque chose de spécial, et c’est davantage mon domaine de prédilection.

D’autres choses que tu aimerais rajouter ?

J : C’est le rêve de tout dessinateur de venir à Angoulême en tant qu’auteur, et je serais très heureux que les gens aiment le livre. Si on a de la chance, on pourra publier mes autres histoires en France, j’aimerais bien ! En tout cas je suis très content de celui que nous présentons ici !

Merci à vous deux d’avoir répondu à nos questions.

Propos recueillis par Sophie André.

Interview réalisée le 27 janvier 2017.

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